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Les grandes heures de la légende

Créée en 1891, Bordeaux-Paris est avec Paris-Brest-Paris la plus ancienne des courses cyclistes en ligne d’un jour, un an avant Liège-Bastogne-Liège (260 km) et cinq ans avant Paris-Roubaix (257 km). Organisée par « Véloce-Sport » sous l’égide du journaliste et poète bordelais Maurice Martin, la première édition eut lieu le 23 mai 1891.
Cette épreuve était unique en son genre avec un départ au nord de Bordeaux à 2 heures du matin et une arrivée, près de 600 km plus tard, à Paris, à 14 heures.
Elle sera successivement organisée par « Vélo », « Auto-Vélo », « l’Auto », « l’Equipe » et le
« Parisien Libéré » et enfin « La Société du Tour de France ».

1891 — Une première édition 100 % britannique

Trois britanniques sur chaque marche du podium : Georges Pilkington Mills, Montague Holbein et Selwyn Francis Edge. Alors réservée aux amateurs, Pilkington-Mills a parcouru les 572 km de l’épreuve à la moyenne de 21,518 km/h, avec un braquet fixe de 22 x 7.

1895 — Pros et amateurs

Avec les débuts de la professionnalisation et les équipes, Bordeaux-Paris mêle « Professionnels » et « Amateurs » dont les départs sont décalés de six heures.

1923-1946 — Une histoire de Masson

Emile Masson, le père, remporte Bordeaux-Paris en 1923, tandis que Emile Masson,
le fils, la remporte en 1946.

1931 — Un lièvre à moto

Début de l’entraînement des coureurs par des motos légères, appelées motos commerciales, sur la seconde partie du parcours à partir d’Orléans. En 1932, l’entrée en action des motos eut lieu à Tours et l’année suivante à Poitiers. Placé derrière l’engin motorisé conduit par un entraîneur afin de réduire la résistance de l’air, le coureur pouvait atteindre des vitesses de l’ordre de 50 à plus de 60 km/h.

1934 — 47,075 Km/heure de moyenne, le record inégalé

Depuis l’entraînement par motos Bordeaux-Paris change de rythme. Jean Noret roule comme un fou lancé à plus de 80 km/h dans l’obscurité et, avec ses deux coéquipiers, compte 9 minutes d’avance sur les autres coureurs à 100 km de course. Il survole les 500 km restants et réalise le record en parcourant les 600 km de l’épreuve à la moyenne de 47,075 km/h, soit un peu moins de 13 heures pour rallier Paris.

1938 -1985 — Les fameux dernys

Roger Derny était un constructeur français de motos légères dont l’entreprise, créée en 1930, a fermé en 1958. Utilisées pour l’entraînement des coureurs cyclistes sur la piste ou sur la route, elles apparaissent pour la première fois sur Bordeaux-Paris en 1938 et leur succès est tel que derny en devient le nom commun. Tous de la même couleur : rouge orangé, les dernys utilisés pour Bordeaux-Paris étaient la propriété du journal « L’Equipe ». Les pilotes en prenaient possession un mois avant l’épreuve afin de préparer au mieux la course avec les coureurs.

1947 — Trois coureurs à l’arrivée

À l’instar de 1976 ou encore de notre été 2003, le mois de juin 1947 bat des records de chaleur avec 33°C à Paris. Seuls trois coureurs franchissent la ligne d’arrivée.

1951 — Le doyen des « Monsieur Bordeaux-Paris »

Avec quatre victoires (1951, 1954, 1956 et 1957), Bernard Gauthier est longtemps
resté l’homme le plus titré de l’épreuve.

1959 — Le chant du cygne

Victoire de Louison Bobet dont ce sera le dernier grand succès. Il prendra la 4e place en
1960 et la 2e en 1961.

1965 — Un avion présidentiel pour une victoire

Jacques Anquetil vient de remporter le Dauphiné Libéré en 42h04’36’’. Le général De Gaulle, alors président, lui affrète son avion présidentiel pour qu’il soit le lendemain même au départ de Bordeaux-Paris… qu’il gagne !

1967 — La pause polémique

Georges Van Coningsloo est vainqueur mais il n’a pas respecté la pause officieuse de la nuit tout comme Benoît Poelvoorde dans Le Vélo de Ghislain Lambert (film francobelge – 2001).

1970, 1974, 1975, 1977, 1978, 1980, 1981 — La domination de Van Springel

Avec sept victoires à son palmarès, Herman Van Springel devient le nouveau « Monsieur Bordeaux-Paris ».

1985 — La dernière édition derrière derny

En partie faute de participants au départ, l’épreuve a fini par perdre de sa popularité dans les années 80 et elle a connu 86 éditions professionnelles dont la dernière a eu lieu en 1988.
Une telle course demandait un entraînement si spécifique qu’elle n’intéressait plus les coureurs qui se préparaient pour le Tour d’Espagne ou le Tour d’Italie.
Elle est reprise dans la foulée sous une formule mi-cyclotouriste, mi-cyclosportive avec une édition tous les deux ans jusqu’en 2010.

1988 — Le tenant du titre

Jean-François Rault est le vainqueur de la dernière édition professionnelle.

2014 — La renaissance

Ils étaient près de 1 000 engagés à vouloir participer à la célèbre course Bordeaux-­‐Paris, 622km, 3 500 m D+, selon l’une des 3 formules proposées par les organisateurs.

Vendredi 30 mai, dès 6h du matin, les 430 cyclistes inscrits sur l’Ultra-Rando, ont lancé le premier départ de la célèbre classique « course de la mort ». Ils ont choisi de parcourir les 622 km qui séparent Bordeaux de Paris en plus de 28h et moins de 60h. Mickael Coutte, Belge est le premier à franchir la ligne d’arrivée.

Puis Samedi 31 mai, à 10h00 sur la rive droite de Bordeaux, c’est le départ de la course reine, l’Ultra-­‐Raid en solo ou en relais (520 participants sur l’Ultra-­‐Raid et 12 équipes en relais à 2).
Pour cette première édition, la météo a presque joué le sans faute : du soleil, pas trop chaud, seul un petit vent du nord a été parfois gênant. Dès le départ, le rythme surprend les spectateurs, les suiveurs et même les coureurs. Très vite un premier peloton se détache, puis plusieurs groupes avec quelques individus s’échappant au fil des kilomètres. La sensation de revivre un mythe est sans aucun doute la motivation première pour tous les coureurs, tous heureux de participer au renouveau de cette course d’anthologie. Sur le bord de la route, d’anciens participants de Bordeaux-­‐Paris dans les années 80, venus encourager les concurrents de cette édition, renouent, émus, avec leurs souvenirs. Tout le long du parcours, jusqu’à la nuit tombée, la caravane des coureurs est applaudie par de petits groupes de supporters admiratifs de ces nouveaux héros.
La journée du 31 mai se déroule au rythme d’une bonne moyenne horaire et les prétendants à la victoire s’annoncent très vite. Un groupe de tête se détache, mené tour à tour par Arnaud Manzanini, ou Mickael Gueguen et encore Mattias Schoepfer-­Droop. Après la pénombre, la nuit tant redoutée arrive : les groupes se reforment, s’attendent, se ravitaillent et s’encouragent pour affronter ensemble les difficultés. A Romorantin (Km 403,2) chacun gère sa récupération : les uns luttent contre le sommeil, d’autres ne cèdent pas à l’appel de la chaleur du ravitaillement, ou récupèrent les calories dépensées.
Marc Lagrange, vainqueur du Grand prix de la Bouesse en 2010, est le premier à passer la ligne d’arrivée au vélodrome de Saint-­Quentin-­en-­Yvelines en 19h52 min.

A 11h15, la première femme, Sylvie Adessi est passée à Romorantin à 1h18 ce matin. Elle est attendue d’un instant à l’autre, au dernier pointage avant l’arrivée, Auneau où il lui restera 58km à parcourir. A 11 heures, L’arche finale n’a vu passer que 185 finishers de la formule raid. Les abandons sont nombreux. Petit à petit sur la ligne d’arrivée, les visages marqués par l’effort, les yeux rougis de fatigue par la nuit blanche, les cyclistes
arrivent épuisés mais heureux. La barrière horaire se fermera ce soir à 18h avec le dernier qui aura passé 32h sur son vélo, au cœur des plus beaux villages et paysages de France entre Bordeaux et Paris…